2ème jour, départ pour l’école.

Samedi 07 août 2010.

Ce jour-là, comme prévu dans le programme, nous partions passer la journée, ainsi que la nuit, dans une petite école perdue dans l’Himalaya, pour faire un peu de maçonnerie, de mise à niveau de terrain, et passer du temps avec les enfants.

Après l’omelette du chef de maison (la meilleure jamais mangée à ce jour), nous rejoignions les jeeps qui devaient nous conduire sur

la première partie du trajet. La fin se fait à pieds, presque une heure de marche en montagne pour atteindre, sous une pluie bien méritée puisque rafraîchissante, ce petit « bâtiment » qui servait d’école aux enfants des villages alentours. Ça ne paraît pas « si » terrible à première vue. Les toilettes sont insalubres, et dangereux, les enfants ne peuvent plus les utiliser. Il n’y a pas de tables, ni de chaises pour les élèves, seulement quelques unes en plastique, pour les invités. Les rares portes et fenêtres ne ferment pas, et les températures sont basses, sur le chemin du toit du monde. Les 3 placards sont presque vides, et des araignées, plus grosses que votre main, se balade à leur gré sur les murs et les plafonds. Mais les enfants sont heureux, ils ont des billes, et de l’imagination. Je ne saurai vous expliquer autrement le paradoxe de cette vie, pauvre  et incroyablement riche.

Nous avons repris notre souffle autour de l’accordéon, un tchaï (thé traditionnel indien, au lait et très épicé) gracieusement offert par les enseignants. Un repas frugal et nous nous mettions au travail. Il y avait trois groupes, un partait s’occuper des enfants, un deuxième était en charge de la reconstruction d’un des murs d’une salle de classe, et le dernier, dont je faisais partie, allait s’employer à faire de la remise à niveau. Une partie du terrain, à droite de la photo, était tout à fait impraticable, un vrai cratère. Dans la boue, nous faisions donc des allés-retours, transportant de la terre dans des sacs. A vrai dire, je n’en ai pas fait tant que ça, mais j’étais de ceux qui creusaient, avec une pelle et une pioche, pour remplir les sacs des camarades. Des heures plus tard, nous commencions à peine à voir le changement, mais la cuisinière – on ne sait comment – avait un préparé une petite collation… des frites. Au beau milieu de la montagne, sur un feu de camp, nous avions des frites. Un petit nombre d’entre nous a décidé de reprendre les travaux, mais pour peu de temps car la nuit qui tombait nous empêchait d’être efficaces.

Couché de soleil, Himalaya

Nous avons dîné autour du feu, joué aux cartes et au loup-garou (le jeu de rôle). L’un de nos monos, habitué de l’Inde, nous avait mis en garde quant au danger de partir se promener la nuit car les ours étaient habitués du coin. Nous menions alors des expéditions pour aller aux toilettes (toilettes « sauvages » donc), moments assez comiques. Après une installation sommaire sur les sols de l’école, nous avons mis du temps avant de nous endormir ; une araignée d’au moins 15 cm de diamètre nous observait d’un recoin qu’on ne pouvait atteindre.

Contrairement au reste du groupe, l’insomnie me gagnait et je passai une grande partie de la nuit au coin du feu, ne dormant qu’une petite heure. La journée avait été longue, fastidieuse, mais belle. La vue, les jeux avec les enfants, et même la maçonnerie, tout était enrichissant, et bénéfique. Nous nous rendions vraiment compte du confort, et de la chance d’avoir été dans nos écoles meublées, chauffées.

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